Sandra qui ? Création 2013

Création 2013, Théâtre St-Gervais, Genève. Bâtie 2013.

Un matin, j’entends à la radio une phrase d’un historien qui m’a fait trembler: «…Lorsque le dernier témoin de la Shoah disparaîtra, il sera impératif, et ceci plus que jamais, de garder en vie la mémoire de notre histoire afin d’échapper à l’amnésie mondiale.»

«…À la même période, ma mère est diagnostiquée Alzheimer. Peu à peu sa mémoire disparaît, lui enlevant la conscience de son identité et de son histoire. A ses yeux, je disparais aussi, petit à petit. A la prise de conscience de cette future absence, je ressens un violent coup dans le ventre, comme un acte de barbarie.»

Donner de la mémoire à qui n’en a plus ; se souvenir de cet acte de courage et d’émancipation qu’est la migration : tel est ce besoin urgent d’en témoigner par l’acte théâtral. ” Sandra Amodio.

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DISTRIBUTION

Mise en scène:
Sandra Amodio

Texte:
Sébastien Grosset

Référent sociologique:
Sandro Cattacin

Avec:
Joëlle Fontannaz
Vincent Fontannaz
Roberto Molo
Safi Martin Yé
Anne-Marie Yerly

Assistant à la mise en scène:
Nawshad Ladhani

Lumières:
Claire Firmann

Son:
Pablo Fernandez

Espace scénique:
Pierre Gattoni

Costumes:
Eva  Heymann

Collaboratrice à la production, diffusion:
Anne Wyrsch, anne@carrerougecie.ch

++41 76 424 7463

Contact artistique:
Sandra Amodio, samodio@bluewin.ch

Production déléguée:
Théâtre Saint-Gervais, Genève.

Co-production: Théâtre Saint-Gervais / Festival de La Bâtie 2013

Avec le soutien de l'Etat de Genève (DIP), de la Fondation Ernst Göhner, du Fonds Intermittents, de la République et Canton de Neuchâtel, de la Ville de Neuchâtel et du Centre Culturel Neuchâtelois et de la Fondation suisse des artistes interprètes.

SANDRA QUI?
Est un autoportrait d’autrui.

SANDRA QUI?
Traite de l’identité en mouvement, à partir de données personnelles et biographiques liées à la migration et à la maladie d’Alzheimer.

Le spectateur entend un texte à 5 voix non attribuées. L'identification de chaque personnage se fait par le style littéraire et non par l'incarnation individuelle de l'acteur.

SANDRA QUI?
Nous rappelle que nous sommes tous des fils et des filles d’émigrés ! Et l’accepter, c’est se renforcer dans son humanité.

SANDRA QUI?
La partition textuelle devient musique, les corps des acteurs porteurs d’images, d’actions et d’énergie. Drôle et tragique à la fois, le spectacle questionne les nouvelles dramaturgies et les nouvelles formes en s’adressant à un large public. Il s’appuie sur l’expérience et le succès du précédent spectacle de la compagnie.

SANDRA QUI?
Est un spectacle où le spectateur se raconte sa propre histoire.

 Sandra Amodio, metteuse-en-scène:
"Un matin de 2009, j’entends à la radio une phrase dite par un historien qui m’a fait trembler: «...Lorsque le dernier témoin de la Shoah disparaîtra, il sera impératif, et ceci plus que jamais, de garder en vie la mémoire de notre histoire afin d’échapper à l’amnésie mondiale.» À la même période, ma mère est diagnostiquée Alzheimer. Peu à peu sa mémoire disparaît, lui enlevant la conscience de son identité et de son histoire. A ses yeux, je disparais aussi, petit à petit. A la prise de conscience de cette future absence, je ressens un violent coup dans le ventre, comme un acte de barbarie.

Soudain, je vois un parallèle entre ces deux faits aux conséquences similaires : l’un à l’échelle mondiale et l’autre à titre personnel.

En effet, ma mère a grandi au Nord de l’Italie fasciste de Mussolini. Son village a été envahi par les Allemands. En quittant l’Italie d'après-guerre pour des conditions de vie meilleures, elle devient une migrante. En Suisse, elle rencontre mon père, lui aussi émigré d’Italie du Sud.
Plus que jamais, je ressens la nécessité de me questionner sur la mémoire et l’identité ; en partant de mon histoire qui raconte aussi celle de l’émigration.

Donner de la mémoire à qui n’en a plus ; se souvenir de cet acte de courage et d’émancipation qu’est la migration : tel est ce besoin urgent d'en témoigner par l'acte théâtral. ”

Sébastien Grosset, auteur:
“Lorsqu’elle m’a présenté son projet, c’est d’abord en termes d’identité et de récits familiaux que Sandra Amodio s’est exprimée. La notion de déplacement – prise dans un sens très physique, chorégraphique même- revenait aussi beaucoup. La problématique de la migration m’est donc apparue peu à peu comme celle d’une identité en mouvement.

Pour être en harmonie avec cette approche très chorégraphique de la mise en scène, j’ai décidé d’écrire une partition qui, à l’exception de la scène d’ouverture, ne détermine pas l’action scénique. Mon texte ne comporte aucune situation et permet donc à la mise en scène d’être absolument autonome. Je laisse en paix l’espace scénique et le corps des acteurs.

La notion d’identité en mouvement est le lieu théorique où migration et Alzheimer se rencontrent. Cette idée, je n’ai pas voulu la traiter, mais l’incarner : mon travail a consisté d’une part à écrire un texte dans lequel rien ne soit fixe, tout bouge sans cesse, et d’autre part à transposer la symptomatologie de la maladie d’Alzheimer dans la dramaturgie et la langue de cette pièce. C’est donc dans sa forme et dans sa matière que mon texte traite de migration et d’Alzheimer : sa structure, sa distribution et sa langue sont marquées par le mouvement, l’oubli et le trouble identitaire.

Je l’ai dit, ces différentes techniques littéraires, musicales et dramatiques ont pour but de remplacer le traitement d’une thématique par son incarnation dans un texte dont je veux qu’il donne lieu à une expérience physique, parce que la maladie, comme le déplacement, sont d’abord des expériences. Perdre peu à peu le fil de sa vie, quitter son pays, oublier le sens des mots que l’on prononce, s’immerger dans une langue nouvelle : ce sont d’abord des sensations et il y a une certaine forme de vérité qui est indissociable de la sensation.”